Il explique que pour produire un plein de 50 litres de bioéthanol, il faut brûler 230 kg de maïs, alors que 250 kg est ce qui permet de nourrir une personne pendant une année.
Ziegler rappelle les chiffres : 854 millions, un homme sur 6, est gravement sous-alimenté. Un enfant de moins de 10 ans meurt toutes les 5 secondes. Toutes les 4 minutes, un être humain perd la vue par manque de vitamine A. Ce qu’il appelle le massacre quotidien de la faim augmente. La situation s’aggrave de jour en jour.
Le Brésil, qui a fabriqué 12 millions de tonnes d’éthanol l’an passé, veut devenir un important fournisseur du marché mondial d’ici à 2025. Il travaille, également, sur du biodiesel à base de soja. Là, de grands propriétaires, soucieux de développer leurs exploitations de canne à sucre destinée à la fabrication d’éthanol, ont mordu sur les cultures de haricots rouges, l’un des piliers de la nourriture brésilienne.
Ziegler met en garde : « Si on laisse faire les grandes sociétés multinationales, l’hécatombe de la faim va croître encore. Alors qu’on pourrait déjà aujourd’hui, si on avait une politique agricole mondiale convenable, raisonnée, décidée par les peuples et non par les multinationales, nourrir toute la planète. »