Les OGM


Les OGM, organismes génétiquement modifiés, sont des organismes ayant subi une transgenèse c'est-à-dire un transfert de gène (via diverses techniques) leur permettant ainsi d'exprimer des caractères qui étaient jusqu'alors propre à un autre organisme.
Il s'agit donc d'organismes auxquels on a modifié le patrimoine génétique1.
Par exemple pour le maïs Bt, il s'agit d'un maïs auquel on a rajouté le gène d'une bactérie du sol Bacillius thuringiensis, codant pour la production d'une toxine qui tue le principal ravageur du maïs: la pyrale.
Pour transférer le gène de la bactérie dans le maïs il y a deux moyens possibles :
- Par un vecteur biologique, c'est-à-dire en utilisant une bactérie Agrobactérium tumefaciens qui a la particularité de transférer une partie de son ADN dans le génome de la plante dans laquelle elle est introduite.
- Par un vecteur mécanique, c'est-à-dire avec un canon à particule. On bombarde les cellules végétales avec des microbilles enrobées du gène que l'on veut intégrer. En traversant les cellules les microbilles déposent les séquences d'ADN dont elles sont chargées. Evidemment cette technique engendre pas mal de pertes et de ratés c'est pourquoi, pour s'assurer que le transfert de gène a bien eu lieu, on attache au gène que l'on introduit un antibiotique. Les cellules végétales sont alors mises en culture dans un milieu hostile pour les cellules ne possédant pas cet antibiotique il ne reste alors que les cellules génétiquement modifiées


Lorsqu'on pose la question : les OGM sont-ils une solution à la faim dans le monde ?, tout de suite, deux tendances s'opposent : d'un côté, les optimistes favorables aux OGM, qui voient en eux la solution à ce grand problème et de l'autre, les pessimistes face aux OGM, qui pensent exactement le contraire. Chaque tendance avance des arguments de poids tout à fait valables avec des exemples à l'appui. Il faut prendre chaque aspect relevé très au sérieux car il est susceptible de soulever de nouvelles problématiques et d'appeler des solutions fort différentes. C'est pour cette raison que je me suis efforcée de regrouper chacun des arguments et prises de position des différentes parties impliquées, suivant le genre de problématique qu'ils touchaient. Ceci permet de mettre en évidence les différences significatives et les oppositions qui existent entre ceux qui pensent que les OGM résoudront les problème de famine et ceux qui affirment le contraire ou en tout cas ont un avis très réservé à ce sujet.

 
Mais la situation de ces deux continents est très différente : L'Europe a de quoi se nourrir et est même dans une situation de surproduction. Son souci est avant tout d'étudier les risques des OGM sur la santé des Européens.
Alors qu'en Afrique, la famine règne et il y a urgence à y remédier. Il vaut mieux, d'après Florence Wambugu, oser les OGM et réussir à nourrir tout le monde, que d'attendre d'être sûr que les OGM ne comportent aucun risque et soient bel et bien la bonne solution.

Ces OGM peuvent donc constituer un petit bout de la solution au problème de la faim dans le monde, mais ils ne sont en aucun cas LA solution à ce grand problème comme l'affirment les firmes biotechnologiques productrices d'organismes génétiquement modifiés. Il faut considérer leur utilité au cas par cas et en aucun cas oublier les techniques alternatives dont les agriculteurs disposent depuis des siècles pour résoudre les problèmes de l'agriculture et qui font aussi l'objet de recherches scientifiques. Par exemple, le Centre International de Recherche sur la Physiologie des insectes et l'Ecologie a reçu en 1995 le " Prix mondial de l'alimentation " pour son travail de mise au point du système " proie-prédateur " qui se régule et assure des récoltes de maïs abondantes et régulières sans pesticides ni engrais.
Si les OGM sont exploités dans les pays en développement il est indispensable de mettre sur pied une structure réglementant l'étendue de ces cultures, comme c'est le cas dans les pays industrialisés, mais qui fait souvent défaut dans les pays du Sud, ce qui étend encore plus le pouvoir des firmes multinationales.
Dans l'idéal, la solution pour que cette technologie soit utilisée à bon escient, serait que les firmes agroalimentaires mettent au second plan leurs intérêts au profit de ceux des agriculteurs du Tiers-Monde qui ont des besoins urgents. Ce qui est loin d'être le cas à l'heure actuelle et qui ne sera peut-être jamais réalisable. Pourtant, je me demande si les capitaux investis dans le développement et l'aide au pays pauvres ne pourraient pas servir à racheter des brevets aux firmes, afin que les paysans puissent disposer des semences modifiées sans risque de se retrouver pris dans une spirale de dettes.
Si l'on considère les OGM comme une part de solution il faut mettre en balance leurs avantages avec les risques qu'ils engendrent. Est-il plus important d'augmenter le rendement de production en prenant un risque sur l'avenir de l'environnement et de notre santé, ou l'inverse ?
Pour ma part, je termine ce travail de recherche avec un sentiment de réserve face à la manière dont les OGM sont développés. Les recherches de solutions alternatives aux nouvelles technologies sont à mettre en priorité car elles se soucient autant de préserver l'environnement que d'apporter une sécurité alimentaire au pays en développement.